Une carte pour la paix des champs

Imaginez un champ dont les limites n’ont jamais été clairement définies. Un jour, un voisin empiète, une palabre éclate et le conflit peut durer des années. C’est une réalité courante en milieu rural au Togo. Pour y remédier, le Projet de réforme foncière pour l’accroissement de la productivité agricole (Projet LRAP) mise sur la cartographie participative.

Concrètement, il ne s’agit pas d’experts venus avec des appareils compliqués imposer des limites. Ici, ce sont les habitants eux-mêmes qui, accompagnés par des équipes formées, dessinent les contours de leurs terres sur de grandes cartes imprimées ou les matérialisent directement dans les champs.

Au Togo, de nombreux agriculteurs travaillent depuis des années sur des terres dont les limites sont floues, sources de tensions parfois héréditaires. Le Gouvernement Togolais a initié le projet LRAP, un projet innovant qui a permis de cartographier des parcelles au sein des communautés pilotes, de poser des bornes et d’enregistrer leurs droits. Explications en langage simple Au cœur des campagnes de Atchonglo-Kopé dans la commune de Zio 4 où les limites des champs ont longtemps été sources de malentendus, une initiative redonne aux agriculteurs, exploitants et  propriétaires terriens le pouvoir de dessiner eux-mêmes les contours de leurs terres. Face à des conflits fonciers parfois hérités de génération en génération, le projet LRAP à travers la cartographie participative invite les villageois à s’asseoir ensemble, autour d’une carte ou directement dans les champs, pour définir d’un commun accord les limites de chaque parcelle. L’objectif est simple : transformer l’invisible en visible et apaiser les tensions par le dialogue plutôt que par la confrontation.

Le processus est aussi concret qu’il est inclusif

Réunis en assemblées, les habitants tracent sur des images aériennes les contours approximatifs de leurs propriétés puis vont sur le terrain pour les matérialiser avec des bornes en ciment ou en plantant des arbres spécifiques. Des équipes les accompagnent avec des outils simples comme des smartphones pour enregistrer ces limites et recueillir les informations sur les propriétaires et exploitants. L’exemple de Tchamba, où trois communautés ont résolu un litige vieux de plusieurs décennies en posant ensemble des bornes montre que cette méthode peut réellement ramener la paix sociale.

Ce travail de précision sécurise les limites des propriétés. Les droits de ceux qui occupent ou cultivent la terre depuis des années est garanti. Chaque propriétaire peut ainsi faire établir un livret foncier, une sorte de titre d’identité pour sa parcelle, tandis que les exploitants peuvent officialiser leurs droits d’usage par un contrat écrit. Les femmes, souvent marginalisées dans les traditions coutumières, sont spécifiquement écoutées pour garantir que leurs droits soient reconnus et préservés.

Au-delà de la simple cartographie, c’est une nouvelle forme de justice foncière qui émerge et qui  ouvre la voie à une agriculture plus sereine et plus productive. En sachant précisément où s’arrête son champ et en ayant une preuve de son droit, l’agriculteur peut investir en toute confiance, planter des arbres, améliorer ses cultures et transmettre son patrimoine. Ces données une fois intégrées au cadastre national, permettront à l’avenir de délivrer des certificats fonciers de manière simplifiée, offrant aux familles rurales la sécurité dont elles ont besoin pour bâtir leur avenir.

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